Fresque des Lyonnais célèbres rue de la Martinière : parcours complet et 20 portraits à connaître

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Impossible de traverser le centre de Lyon sans être intrigué par l’immense Fresque des Lyonnais, posée comme une fenêtre vivante sur l’histoire, à l’angle de la rue de la Martinière. Loin d’être un simple trompe-l’œil décoratif ou une attraction touristique de plus, cette création monumentale attire, fascine et rassemble. Sérieusement, qui n’a jamais eu envie de reconnaître tous les visages qui l’habitent ? C’est bien plus qu’un tableau géant ; c’est en fait une balade au fil des siècles, un clin d’œil constant à la culture lyonnaise.

Juste à côté du tumulte des artères commerçantes et à quelques enjambées du célèbre funiculaire de Lyon, le mur attire l’œil et nourrit l’imaginaire. Entre la frontière des pentes de la Croix-Rousse et la place des Terreaux, c’est bien à 800 m² de fresque que vous êtes confronté, soit l’équivalent, pour vous donner une idée, de plus de trois terrains de tennis recouverts de peinture. C’est colossal, et le navigateur pressé devra lever les yeux — puis s’arrêter un moment, car la découverte ne se fait pas d’un seul coup. Rien ne remplace l’expérience de se laisser embarquer, progressivement, dans cette galerie en plein air.

Une fresque qui fascine les visiteurs du monde entier

Pourquoi revenir sans cesse à la Fresque des Lyonnais ? Pour plusieurs raisons, et elles s’additionnent sans jamais se ressembler. Les dimensions impressionnent d’entrée de jeu, mais la précision hallucinante du trait finit par l’emporter. L’hyperréalisme possède un pouvoir rare : celui de faire douter l’observateur. Pendant un bref instant, certains se demandent même si ces personnages, figés dans la peinture, n’attendent pas une brise pour sortir du mur et déambuler. Voilà le charme du lieu : la frontière entre réel et fiction se brouille.

Regardez de plus près. Certains visiteurs repartent en ayant photographié chaque détail, d’autres s’arrêtent sur le clin d’œil d’une main, d’un chapeau oublié, ou d’une expression complice. L’œuvre n’en finit pas d’intriguer et de susciter les commentaires. Il arrive fréquemment d’entendre des groupes de touristes débattre à voix basse, chacun tentant de reconnaître une figure ou raconter une anecdote sur l’une des célébrités du mur.

Dans ce quartier où le patrimoine croise la modernité, la fresque fait figure de lien. Elle joue un rôle de passerelle pour ceux qui cherchent à comprendre ce qu’est véritablement Lyon : une ville fière de son histoire, tournée vers l’innovation mais enracinée dans son passé. Son emplacement stratégique, juste sur les quais, la rend facilement accessible à pied, en tramway ou en métro. Elle devient ainsi une étape toute trouvée sur le parcours des découvreurs — touristes et locaux confondus —, notamment pour ceux qui gravitent autour de la place des Terreaux ou reviennent d’une balade sur la Saône.

Les origines d’un projet culturel ambitieux

L’histoire derrière la fresque

Retour en arrière, début des années 1990. À cette époque, Lyon cherche à dynamiser certains secteurs jugés quelque peu ternis ou peu attractifs, tout en valorisant son immensité culturelle. Dès lors, la Mairie pense à un projet audacieux : célébrer ses enfants célèbres en optant pour une approche originale, visuelle et, surtout, populaire. C’est ainsi qu’est sollicitée la coopérative d’artistes muralistes CitéCréation, déjà dotée d’une solide réputation pour ses fresques grand format.

Le collectif se lance alors dans une aventure passionnante, s’appuyant autant sur l’expertise technique que sur une documentation très poussée. Car il s’agit d’ancrer chaque détail dans la réalité lyonnaise : rues reconnaissables, visages fidèles, attitudes significatives. Ce projet, mené tambour battant grâce à la collaboration entre les artistes, les historiens locaux et la municipalité, aboutira après plus d’un an de travail acharné. En 1995, le voile tombe enfin, et la fresque prend la lumière : un moment marquant pour Lyon.

En visitant, certains pourraient penser qu’il ne s’agit « que » de peindre un mur. En réalité, chaque couche de peinture se superpose à des semaines de recherches, de croquis préparatoires, de concertations avec les riverains. Peu le savent, mais la question du choix des personnalités a fait l’objet de débats passionnés. Il a fallu trancher et éviter les tensions : trop d’hommes, pas assez de femmes, tel écrivain oublié… Ces compromis, parfois difficiles à assumer, participent pourtant à la richesse silencieuse de l’œuvre.

Un hommage aux personnalités lyonnaises

Dans cette fresque, 30 personnalités au total. Issues de domaines radicalement différents, ces figures témoignent de la vitalité et du génie lyonnais. Entre poètes de la Renaissance, entrepreneurs du textile, inventeurs, pionniers des sciences et géants de la cuisine, c’est tout un éventail de talents qui s’étale devant nos yeux. Chacun y trouvera, probablement, une histoire à raconter à ses enfants, des souvenirs de leçons apprises à l’école, ou même l’envie d’en savoir davantage.

Au fil des années, certains habitants finissent par avoir leur favori. Loin de se limiter à la simple commémoration, cette fresque offre aux passants la possibilité de s’interroger sur leur attachement à leur propre ville. Soudain, la mémoire collective semble reprendre vie. C’est peut-être ce lien discret — mais si important — qui fait de cette fresque un repère familier et respecté.

Comment visiter la Fresque des Lyonnais ?

Prendre le temps d’aller admirer la fresque s’avère facile : elle se situe au 2 rue de la Martinière, au centre du 1er arrondissement. Son emplacement la rend particulièrement accessible, que l’on arrive à pied depuis la place des Terreaux ou en transport en commun via le métro ligne A (station Hôtel de Ville – Louis Pradel), ou encore par bus.

Envie d’une expérience originale ? L’ascension par le funiculaire de Lyon promet une découverte atypique, entre passé industriel et charme des vieux quartiers. D’ailleurs, certains guides n’hésitent pas à glisser un conseil : la lumière du petit matin, ou celle qui allonge les ombres en fin d’après-midi, sublime chaque détail de la fresque. Les couleurs changent, les expressions paraissent différentes selon l’heure. Mieux vaut donc prendre le temps de s’y attarder, quitte à revenir à plusieurs reprises. Cela vaut véritablement le détour.

Astuce souvent partagée par les passionnés : apportez votre appareil photo. Rarement une fresque se révèle aussi photogénique, quel que soit l’angle ou la météo. Les jeux de lumière, le foisonnement des détails, la présence de passants dans le champ ajoutent une vitalité surprenante à chaque cliché. En hiver, les ombres allongées donnent un aspect presque dramatique au décor, tandis qu’en été, la frénésie urbaine ajoute un supplément d’âme à la scène.

Explorez les 20 portraits emblématiques

Figures historiques : des héros intemporels

  • Claude Bernard, pionnier de la physiologie, ayant posé les bases de la médecine expérimentale moderne.
  • Antoine de Saint-Exupéry, dont Le Petit Prince traverse les frontières et les générations, révolutionnant la littérature pour petits et grands.
  • Louise Labé, poétesse iconique, portait une voix féminine singulière dans la Renaissance lyonnaise, marquant tout un pan de la littérature.

Artistes et penseurs visionnaires

  • Bernard Pivot, symbole de la passion pour les lettres, a animé et fait vibrer la langue française au travers d’émissions phares longtemps inoubliées.
  • Tony Garnier, urbaniste novateur, dont la vision a influencé la conception de nombreux quartiers lyonnais, participant à la transformation de la ville moderne.
  • L’Abbé Pierre, dont l’action continue d’inspirer l’engagement humanitaire et la solidarité, partout en France et bien au-delà.

Figures contemporaines et symboles de la gastronomie

  • Paul Bocuse, véritable légende franco-lyonnaise du goût, artisan du rayonnement de la cuisine régionale sur la scène internationale.
  • Frédéric Dard (San-Antonio), romancier hors pair, reconnu pour son style singulier et son humour ravageur, célèbre dans toute la littérature populaire.
  • Catherine Lacombe, contemporaine créative, met à l’honneur la vitalité de la scène artistique féminine de Lyon.

Chaque personnage, au détour d’un regard ou d’un accessoire, renvoie à un épisode précis de l’histoire locale ou nationale. Certains visiteurs il y a quelques années ont raconté avoir passé de longues minutes devant le portrait d’Antoine de Saint-Exupéry, cherchant la trace du célèbre « aviateur » dans les détails du fond de fresque. C’est ce genre de petites scènes, anecdotiques mais précieuses, qui donnent tout leur charme inattendu à la visite de ce mur bien singulier.

Que l’on soit amateur d’histoire, passionné d’art ou tout simplement curieux, prendre le temps de décoder les messages cachés, chiffres subtils ou symboles intégrés par les artistes devient souvent un jeu familial mémorable.

Quelques activités autour de la Fresque

La découverte de la fresque se fond agréablement dans une balade plus large autour du quartier. Descendez-le long des quais de la Saône : un engagement constant à la flânerie, ponctué de panoramas envoûtants et de passages secrets menant à des places insolites. La place des Terreaux, par exemple, accueille toute l’année des événements publics et des initiatives culturelles variées. La Fontaine Bartholdi, située en plein centre du square, attire autant les photographes amateurs que les promeneurs rêveurs.

Parmi les plaisirs simples de la visite figure la possibilité de s’imprégner de l’ambiance des bouchons lyonnais. Goûter à la convivialité locale ne se limite pas aux papilles : il s’agit de partager une table, échanger quelques mots avec le voisin, et parfois se laisser surprendre par les plaisanteries du patron. La cervelle de canut et la tarte à la praline sont souvent recommandées à ceux qui veulent découvrir l’esprit local de cette gastronomie réputée.

Autre alternative méconnue : pousser la porte de petits ateliers d’artisans ou de galeries dans les rues adjacentes. De nombreuses expositions temporaires permettent aux visiteurs friands de découvertes artistiques de prolonger, à leur rythme, l’exploration du patrimoine vivant de Lyon. Le quartier, entre modernité et traditions, ne manque pas de ressources pour occuper une journée entière, loin des circuits traditionnels, parfois trop convenus.

Le saviez-vous ? Un détail méconnu

Un secret bien gardé entoure la naissance de cette fresque. En cours de réalisation, une petite erreur s’est glissée dans la composition de l’un des portraits. Les artistes, alertés par un passant attentif, ont su corriger cette imperfection avec discrétion, non sans humour. Certains racontent qu’il subsiste, quelque part sur la fresque, un clin d’œil malicieux à cette histoire – certains détails témoigneraient de la connivence entre les peintres et les habitants venus observer la progression de l’œuvre. Cela illustre que derrière chaque grand projet urbain, la participation collective, même discrète, laisse une empreinte invisible mais durable.

Ce type d’anecdote rappelle aussi une évidence : les fresques murales, contrairement à ce que l’on imagine, ne sont jamais aussi impersonnelles ou figées qu’elles ne paraissent. Elles vivent, évoluent, se transforment doucement à chaque restauration ou intervention. Les experts en patrimoine urbaine s’accordent à dire qu’une telle création attire aussi les yeux des artistes grafiteurs, qui tentent régulièrement d’ajouter leur touche (plus ou moins heureuse). Les retouches font alors partie de la vie de la fresque — un défi permanent pour préserver à la fois l’esprit d’origine et l’attrait public.

Certaines mauvaises langues affirment même que chaque nouvelle couche dissimule ses propres secrets, invisibles aux non-initiés. Peut-être qu’au prochain passage, un détail inédit surgira. Qui sait ?

En guise de conclusion

Au final, la Fresque des Lyonnais coche toutes les cases d’une visite mémorable à Lyon. Elle interpelle les habitants comme les voyageurs de passage, elle relie les générations par l’art et le souvenir, et elle donne une couleur unique à son quartier qui, sans elle, manquerait sans doute d’une part importante de son âme. Plus qu’un décor urbain, cette fresque se lit comme un livre ouvert, serpentant d’époque en époque, attisant la curiosité et le dialogue.

Repartir sans s’être arrêté au moins une fois devant ce mur, ce serait passer à côté d’une formidable occasion de saisir, au détour d’un sourire congelé dans la peinture, toute la vitalité de la métropole rhodanienne. Finalement, que l’on soit amateur de culture, féru d’histoire ou simple promeneur, chacun repart avec, en tête, le souvenir de ses couleurs changées par la lumière, et la folle envie d’y retourner. Lyon reste, généreusement, une cité à découvrir — encore et toujours.

Sources :

  • citecreation.fr
  • lyon.fr
  • france3-regions.francetvinfo.fr
  • leprogres.fr
  • lyoncapitale.fr